Le monde des geishas

Le Danna

le 15/03/2006 à 14h35

LE " DANNA " :



Il arrive qu'une Geisha cède à un homme qu'elle trouve séduisant. Mais elles restera discrète car sa réputation et son aisance financière sont en jeu.

Le " Danna ", s'il veut s'engager dans une longue liaison, sera prêt à faire une proposition honnête. Alors la Geisha acceptera un tel arrangement avec joie. On ne gagne vraiment de l'argent qu'en ayant un Danna.

Si la Geisha se lie à un Danna, elle le fera par l'intermédiaire d'une cérémonie. Ce lien dure 6 mois, parfois davantage.

Le Danna réglera une partie des dettes de la Geisha (qui rembourse son Okiya pour les frais engendrés depuis son arrivée à l'Okiya). Il rembourse une partie de ses dépenses (son maquillage, ses leçons, voire ses frais médicaux, sa taxe d'enregistrement, ses repas). Il lui paiera des bijoux, des kimonos et sponsorisera pour elle des spectacles de danses. Outre son entretien, qui lui coûtera des sommes folles, le " Danna " continuera à payer la Geisha à son tarif horaire (comme le font ses autres clients) chaque fois qu'il passera du temps avec elle. Parfois, il paiera davantage que le tarif habituel, afin de montrer sa bonne volonté. Mais il a également droit à certains " privilèges ".

Quand une geisha arrive dans une maison de thé, la maîtresse de la maison allume un bâtonnet d'encens qui met environ une heure à se consumer. On appelle cela une " o-hana " ou " fleur ". Les honoraires de la geisha sont calculés selon le nombre de bâtons d'encens consumés au moment du départ. Le prix d'une o-hana est fixé par le Bureau d'Enregistrement de Gion. En 1930, une ohana coûtait le prix de 2 bouteilles de saké. Les geishas les plus cotées pouvaient réclamer une o-hana toutes les 5 minutes. Il restera à la geisha à peine plus de la moitié de ce qu'elle gagne, le reste partant chez l'habilleur, à l'okiya, à la maison de thé...

Les arts de la geisha

le 15/03/2006 à 14h38

LES ARTS PRATIQUES PAR LA GEISHA :



De tous les arts pratiqués par la Geisha, la danse est le plus révéré. La danse et la cérémonie du thé sont des traditions d'une richesse incomparable. Toutes les Geishas doivent étudier la danse, mais seules les plus douées et les plus belles d'entre elles, se verront encouragées à se spécialiser dans cet art, plutôt que dans celui du chant, du shamisen, du " Tsutsumi ", de " l'okawa " ou du " Taiko " (tambour).

Le shamisen, on l'appelle parfois la guitare japonaise, mais en fait c'est bien plus petit qu'une guitare. Cet instrument a un manche en bois, assez étroit, avec trois chevilles à l'extrémité. Le corps du shamisen est un petit coffre en bois, avec de la peau de chat tendue sur le dessus, comme un tambour. On peut démonter un shamisen, puis le glisser dans un sac, ou dans une boîte. C'est d'ailleurs ainsi qu'on le transporte.

Au début des années vingt, le " Japan Travel Bureau " organisa sa première campagne publicitaire à l'échelle mondiale. Sur l'affiche, on voyait la pagode du temple Toji (au Sud-Est de Tôkyô), un cerisier et une jolie apprentie Geisha. Celle-ci souriait timide et gracieuse. Elle avait des traits délicats. Cette apprentie Geisha était la grande sœur de l'héroïne de ce livre. On vit cette affiche dans toutes les grandes capitales, avec le slogan " Venez visiter le Pays du Soleil Levant ", en anglais, en allemand, en français et en russe. Cette maiko de 16 ans se vit sollicitée par tous les hommes d'Etats en visite au Japon. Elle servit à boire à Charlie Chaplin et Hemingway.

Une Geisha est avant tout une artiste, capable de se produire en public. Elle sert du saké aux hommes, jamais elle ne va chercher à manger. Sa servante la soigne si bien qu'elle sait à peine s'habiller seule ou ranger sa chambre.

L'univers perdu des geishas

le 15/03/2006 à 14h44
C'est au 18e siècle que la geisha fait son apparition dans le milieu dissolu de la société japonaise, comme une forme d'opposition ou de rivale morale à la courtisane (avec laquelle on le confond trop souvent) régnant à l'époque. Après des siècles de domination guerrière sous la tutelle des samouraïs, ce sont les marchands, nouveaux bourgeois, qui vont prendre le haut du pavé des grandes capitales nippones et vont instaurer un nouveau code moral empreint de valeurs esthétiques et artistiques. Les Japonais ont toujours eu un sens aigu de la hiérarchie et même la prostitution répondait à ces structures précises.
Jusque vers la moitié du 18e siècle, on pouvait consommer à plusieurs niveaux la prostitution, soit dans les rues, soit dans les maisons closes des quartiers chauds. Les reines de cette époque étaient les Tayû ou Grandes Courtisanes, qui surclassaient les autres autant par la finesse de leurs manières que par le luxe dont elles faisaient étalage. Mais comme elles étaient fort coûteuses, on songea alors à former des femmes (quelques hommes aussi) qui allieraient plusieurs aptitudes à la beauté pour divertir les bourgeois noceurs. Dans les réceptions, on fait de plus en plus appel à ces personnes capables de danser, chanter, jouer d'instruments différents, raconter des histoires, faire des acrobaties ou donner de petits spectacles. Les geishas naissent ainsi de ce désir de marier tous les plaisirs en une seule personne. La Gei (art) Sha (personne) allait désormais incarner la plus esthétique des manifestations du plaisir et du divertissement.

Organisées à la façon d'une corporation, les geishas voient leurs activités réglementées par des heures fixes de travail, des uniformes et un code d'éthique rigoureux. Le visage fardé de blanc, le kimono de soie sanglé à la perfection, le tatami sous le bras, les geishas ne sont toutefois pas à vendre, ce ne sont pas des prostituées. Pourtant, beaucoup de prostituées ont revendiqué un statut de geishas pour appâter les hommes. Cette usurpation a considérablement entaché la réputation de ces artistes superbes. Aujourd'hui, peu d'entre elles exercent encore leur admirable métier et leur nombre diminue chaque année. Et bientôt, la magnificence des geishas ne survivra plus que pour divertir le touriste...

Que les choses soient claires

le 15/03/2006 à 14h48
Les geishas ne sont ni des prostituées, ni des prostituées de luxe!!!
La Geisha jouit au Japon d'autant de prestige et d'admiration qu'il en est accordé aux sumos, aux actrices et cantatrices en Occident. Le charme et la personnalité comptent davantage que la beauté physique.
En fait, Leur mauvaise réputation vient des hôtesses, dites makura geisha, littéralement "dame d'oreiller", engagées lors des réunions pour messieurs seuls qui ont lieu à l'hôtel. Elles se vêtent du kimono traditionnel, sans arborer le maquillage consacré, chantent et dansent - mal en général - le même répertoire que les geisha et servent du whisky ou du saké au lieu de thé, avant de former des couples avec les invités.

Tenez vous pour avertis! Car c'est une véritable offense que de les comparer à des prostituées, en témoigne le film de Rob Marshall, "Mémoires d'une geisha", car les actrices sont chinoises et non japonaises, alors que la véritable geisha est japonaise!!!

Romans sur les geishas

le 15/03/2006 à 14h55
Comme vous avez pu le remarquer je suis passionnée par la beauté et le mode de vie des geishas. Ainsi, pour vous faire partager ma passion, je vous conseille quelques oeuvres afin que vous appréhendiez mieux ou différement la vie des geishas.

Mémoires d'une geisha de Yuki Inoue (récit).

Geisha de Lisa Dalby, américaine apprentie geisha dans le cadre de sa thèse de doctorat en sociologie (récit).

Le Miroir des courtisanes de Sawako Ariyoshi (roman).

Vies de Geishas de Kikou Yamata (roman).

Kyoto Hanamachi de Hiroshi Mizobuchi, photographe.

Geisha de Arthur Golden (roman).

Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki & Rande Brown (récit).

Geisha - Une Tradition vivante de Aihara Kyoko.


Bien sûr j'ai lu toutes les oeuvres que je vous recommande, alors bonne lecture!

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